Regroupement familial Canada : le PGP suspendu pour 2026, quelles solutions pour vos parents ?
Vous aviez déposé un formulaire d’intérêt en 2020. Vous attendiez, comme des dizaines de milliers de familles, l’invitation qui devait enfin permettre à vos parents ou grands-parents de venir vivre à vos côtés au Canada. Cette invitation n’arrivera pas cette année. Le 15 juillet 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de la réception de toute nouvelle demande dans le cadre du Programme des parents et des grands-parents (PGP). Pour les familles camerounaises, sénégalaises, ivoiriennes, congolaises ou maliennes déjà installées au Canada, la nouvelle tombe comme un coup dur. Voici ce qu’il faut comprendre, et surtout, ce qu’il reste possible de faire en attendant.
Ce que confirme IRCC : la suspension des nouvelles demandes ne change rien à l’objectif d’admettre jusqu’à 15 000 parents et grands-parents en 2026 et en 2027 mais uniquement parmi les dossiers déjà déposés.
Ce qui vient de changer, concrètement
Le PGP permet à un citoyen canadien ou un résident permanent de parrainer ses parents ou grands-parents pour qu’ils obtiennent la résidence permanente au Canada. Lancé sous sa forme actuelle en 2020, il fonctionne par tirage au sort : plus de 200 000 personnes avaient alors manifesté leur intérêt, et chaque année, IRCC invitait un nombre limité d’entre elles à déposer un dossier complet.
Depuis le 15 juillet 2026, cette mécanique est à l’arrêt :
- Aucune nouvelle demande n’est acceptée pour le reste de l’année 2026, ni de date de reprise annoncée à ce stade.
- Les dossiers déjà déposés continuent d’être traités normalement, vous n’avez rien à refaire si votre demande est déjà dans le système.
- Le gouvernement maintient son objectif d’accorder la résidence permanente à un maximum de 15 000 parents et grands-parents en 2026, dans le cadre du Plan des niveaux d’immigration 2026-2028.
- Les personnes ayant simplement soumis un formulaire d’intérêt (sans invitation à ce jour) restent en attente, sans visibilité sur une reprise du programme.
Pourquoi cette pause ? Les raisons avancées par IRCC
IRCC justifie la suspension par la nécessité de résorber un arriéré devenu difficile à gérer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
| Les délais de traitement actuels • Plus de 60 500 dossiers en attente à l’échelle du pays. • Environ 30 mois de traitement hors Québec. • Jusqu’à 65 mois (près de 5 ans et demi) au Québec. • Cible 2026-2028 : 380 000 admissions de résidents permanents par an, contre 395 000 en 2025. |
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de resserrement de l’immigration canadienne. Le Plan des niveaux 2026-2028 prévoit une réduction de la population de résidents temporaires à moins de 5 % de la population totale du Canada d’ici la fin de 2027, ainsi qu’une baisse générale du nombre de permis d’études et de travail délivrés. Le regroupement familial n’est pas visé en priorité par ces coupes, mais le PGP, plus coûteux et plus lent à traiter que d’autres catégories, en fait les frais en premier.
Du côté des associations familiales, la mesure inquiète. Des avocats spécialisés en immigration estiment que les grands-parents jouent un rôle affectif difficile à remplacer pour les jeunes familles, en particulier lorsque les visites ne se limitent qu’à quelques semaines par an sous statut de visiteur.
Ce que ça signifie pour la diaspora africaine francophone : le cas d’Amara
Amara, résidente permanente d’origine camerounaise installée à Ottawa depuis 2016, avait soumis son formulaire d’intérêt pour parrainer sa mère restée à Yaoundé dès l’ouverture du programme en 2020. Comme des milliers d’autres candidats francophones, elle attendait toujours une invitation à déposer un dossier complet lorsque la suspension a été annoncée. Sa situation illustre bien le dilemme actuel :
- Sa demande d’intérêt reste valide, mais aucune invitation ne sera envoyée en 2026 sur cette base.
- Elle ne peut pas “transformer” son intérêt en demande complète tant que le programme n’a pas rouvert.
- Sa seule option immédiate pour faire venir sa mère est une voie temporaire : le Super Visa ou un visa visiteur classique.
C’est exactement la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui de nombreuses familles sénégalaises, ivoiriennes, congolaises (RDC et Congo-Brazzaville), maliennes, béninoises et gabonaises établies au Canada. La bonne nouvelle : il existe des solutions concrètes à mettre en place dès maintenant.
Les solutions concrètes en attendant la réouverture du PGP
1. Le Super Visa : la voie la plus rapide
Le Super Visa reste pleinement disponible et n’est pas affecté par la suspension. Il s’agit d’un visa de résident temporaire à entrées multiples, spécifiquement conçu pour les parents et grands-parents de citoyens canadiens ou de résidents permanents. Contrairement au PGP, il ne mène pas à la résidence permanente, mais il permet des séjours nettement plus longs qu’un visa visiteur classique.
- Durée de séjour : jusqu’à 5 ans par entrée, avec possibilité de prolongation sur place.
- Assurance médicale obligatoire : couverture minimale de 100 000 $ CAD, souscrite pour au moins un an auprès d’un assureur reconnu par IRCC (canadien ou étranger approuvé depuis janvier 2025).
- Revenu du répondant : le citoyen ou résident permanent qui invite doit démontrer un revenu égal ou supérieur au seuil de faible revenu (SFR/LICO) publié chaque année par IRCC, calculé selon la taille totale du ménage.
- Lettre d’invitation : elle doit prouver le lien de parenté et le statut au Canada de l’hôte.
- Limites importantes : pas de droit au travail, pas de couverture santé provinciale dans la plupart des provinces, et aucun crédit accumulé vers la citoyenneté ou la résidence permanente.
2. Le visa visiteur classique (TRV)
Pour des visites plus courtes, quelques semaines à quelques mois, un visa de résident temporaire standard reste une option plus simple et moins coûteuse que le Super Visa, sans obligation d’assurance ni de seuil de revenu formel. Il convient bien aux familles qui ne cherchent pas un séjour prolongé mais souhaitent simplement organiser une visite pour une occasion précise (naissance, fête, période de convalescence).
3. Continuer à préparer son dossier PGP en parallèle
Rien n’empêche une famille de constituer, dès aujourd’hui, les pièces qui seront nécessaires le jour où le PGP rouvrira : preuves de revenu du répondant sur plusieurs années, actes de naissance et de filiation légalisés, justificatifs de la relation. Anticiper ce travail permet de réagir rapidement à une éventuelle réouverture, dont la date reste à ce jour inconnue.
| Vigilance : attention aux fausses promesses • Aucun consultant, quel que soit son discours, ne peut « accélérer » ou « débloquer » une demande PGP pendant la suspension : le programme est fermé à toute nouvelle candidature. • Les seules sources fiables sur une éventuelle réouverture sont le site canada.ca et les comptes officiels d’IRCC. |
Liste de contrôle pratique pour les familles en attente
- Vérifier le statut de son dossier existant (formulaire d’intérêt ou demande déjà soumise) sur le portail IRCC.
- Comparer plusieurs devis d’assurance Super Visa (comptez entre 2 000 $ et 5 000 $ CAD par an selon l’âge et l’état de santé du parent).
- Rassembler à l’avance les preuves de revenu du répondant sur les trois dernières années fiscales.
- Consulter les seuils de faible revenu (SFR) actualisés chaque année sur le site d’IRCC avant de déposer une demande de Super Visa.
- S’abonner aux alertes officielles d’IRCC pour être informé dès qu’une date de réouverture du PGP sera annoncée.
- En cas de dossier complexe (refus antérieur, situation familiale atypique), consulter un consultant réglementé (RCIC) plutôt qu’un intermédiaire non certifié.
Le contexte plus large : un durcissement structurel de l’immigration canadienne
La pause du PGP ne doit pas être lue isolément. Elle s’inscrit dans le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, qui stabilise les admissions de résidents permanents à 380 000 par an tout en réduisant fortement les volumes de résidents temporaires (étudiants et travailleurs). L’objectif affiché par Ottawa est de ramener la population temporaire sous la barre des 5 % de la population totale d’ici fin 2027. Dans cette logique de rationalisation, les catégories jugées les plus lentes à traiter, comme le regroupement des parents et grands-parents, sont les premières mises en pause, même si le gouvernement affirme vouloir maintenir des admissions substantielles dans cette catégorie sur les dossiers déjà en cours.
Qu’en pensez-vous ? Le Super Visa est-il, selon vous, une alternative suffisante en attendant la réouverture du PGP, ou le Canada aurait-il dû trouver un autre levier pour réduire ses délais ? Partagez votre expérience et votre avis en commentaire.
Foire aux questions
Le PGP va-t-il rouvrir en 2027 ?
IRCC n’a communiqué aucune date de réouverture à ce jour. La suspension est présentée comme valable « jusqu’à nouvel ordre ». Il est recommandé de suivre les annonces officielles sur canada.ca plutôt que de se fier à des estimations non officielles.
Ma demande PGP déjà soumise avant juillet 2026 est-elle annulée ?
Non. IRCC continue de traiter les demandes déjà reçues. Seule la réception de nouvelles demandes est suspendue.
Le Super Visa donne-t-il accès à la résidence permanente ?
Non. Le Super Visa est un visa de résident temporaire à entrées multiples. Il ne crée aucun droit à la résidence permanente ni aucun crédit vers la citoyenneté canadienne.
Quel est le montant minimum d’assurance exigé pour le Super Visa ?
Une couverture médicale d’urgence d’au moins 100 000 $ CAD est obligatoire, valide pour un an minimum et sans interruption pendant toute la durée du séjour au Canada.
Un visa visiteur classique peut-il remplacer le Super Visa ?
Il peut convenir pour des séjours courts, mais il n’offre pas la même durée de séjour ni la même souplesse d’entrées multiples sur plusieurs années que le Super Visa.




